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nature de l'article: Compte-Rendu
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Photo by Štefan Štefančík, via Unsplash

Cet article de Paul A. Kirschner et Jeroen J.G. van Merriënboer, paru en 2013, dans la Revue Educational Psychologist (volume 48, 3, pages 169-183) aborde trois mythes urbains éducatifs:

  • les apprenants sont capables d'utiliser les nouvelles technologies pour apprendre (Digital Natives)
  • les apprenants ont des styles d'apprentissage spécifiques
  • les apprenants sont capable de sélectionner et d'ordonner les contenus d'apprentissage (learners as self-educators)

 

Lea auteurs montrent la vacuité du concept de Digital Natives et ntamment l'idée que la nouvelle génération serait naturellement plus âpte à gérer différentes tâches simultanément. Aucune étude scientifique ne démontre les effets positifs des méthodes éducatives basées sur le "multitasking". La nouvelle génération ne dispose d'aucune compétence particulière et est incapable de s'emparer des nouveaux outils pour concevoir ses propres apprentissages ou ceux d'autrui. Une des études les plus intéressantes fut conduite, en Finlande, en 2011, par Valtonen sur les apprentis professeurs de cette nouvelle génération. Non seulement, leurs compétences numériques étaient globalement inférieures à celles attendues mais leurs pratiques se limitaient à un usage basique des réseaux sociaux (principalement comme source d'information), et de quelques applications bureautiques. En aucun cas, ces futurs enseignants étaient capables de créer des contenus tirant partie des potentialités numériques. Valtonen conclue son article en doutant fortement de la capacité des ces futurs enseignants à adopter les TICE et surtout à les adapter à leur enseignement.

Le second mythe urbain porte sur les styles d'apprentissages: visuel, oral, actif, réflexif, .... Les auteurs montrent que malgré des décennies de recherche sur ce thème, rien n'établit l'existence des styles d'apprentissage. Même en admettant, de façon théorique, leur possible existence, les facteurs humains, sociaux et environnementaux ont une telle influence en éducation qu'ils les rendraient caduques.

Le dernier mythe est lié à l'idée que désormais tous les savoirs sont accessibles transformant l'enseignant en encadrant; c'est à dire le faisant passer du statut où son activité d'enseignement repose sur ses capacités à combiner des savoirs et des pratiques pédagogiques à un statut de simple encadrant d'auto-apprenants. Cette légende urbaine repose, en partie, sur le mythe des Digital Natives et pose les problèmes du statut de la connaissance et de la hiérarchie de l'information. Elle interroge également sur la capacité des élèves à mettre en oeuvre des stratégies d'apprentissages. Enfin l'idée de l'auto-apprenant se heurte à une règle simple; les élèves (et les adultes) choisissent le plus souvent ce qu'ils préfèrent faire plutôt que ce qu'ils devraient faire pour apprendre.

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